Vers l’indépendance économique et énergétique de la Libye ?

Vers l'indépendance économique et énergétique de la Libye ?

La dépendance de la Libye à l’égard des exportations énergétiques, qui représentent aujourd’hui plus de 80 % du budget national, ne cesse de croître. La production pétrolière actuelle de 1,8 million de barils par jour pourrait être portée à au moins 3 millions de barils par jour. La conservation de l’énergie est importante pour faciliter la transition vers une économie durable. Il serait prudent de faire de la durabilité une priorité nationale avant que les réserves d’eau souterraine et de pétrole ne se raréfient. L’exportation de gaz naturel pourrait être maximisée.

La production d’électricité de la Libye

La production d’électricité de la Libye, qui s’élève à 5,2 gigawatts (GW), avec une charge de pointe de 3,875 GW, est principalement (68 %) alimentée par le pétrole. Le gaz naturel alimente 32 % de la production d’électricité. La Libye compte environ un million de consommateurs d’électricité. La consommation d’électricité se répartit comme suit : 39 % pour les ménages, 17 % pour l’industrie, 14 % pour le commerce et 12 % pour l’agriculture.

La demande d’électricité de la Libye augmente rapidement (environ 8 % par an) et devrait atteindre 10 GW d’ici 2020. Au cours de l’été 2004, la Libye a été frappée par des pannes d’électricité généralisées, les centrales électriques n’étant pas en mesure de répondre à la demande. Afin d’éviter de telles coupures à l’avenir et de répondre à l’augmentation de la consommation d’électricité, le gouvernement a prévu d’investir 3,5 milliards de dollars d’ici 2010 dans la construction de huit nouvelles centrales dans le désert libyque. La construction n’a commencé que pour deux de ces nouvelles centrales en raison de graves problèmes de financement dus aux prix de l’électricité fortement subventionnés (environ 0,02 LYD par kilowattheure (KWh) ; les consommateurs paient l’équivalent de 0,02 USD alors que les coûts de production dépassent 0,03 USD) et aux arriérés de paiement.

Une grande partie de l’électricité est gaspillée car 40% des consommateurs ne paient pas, et les prix de l’électricité sont maintenus artificiellement bas : l’énergie électrique est subventionnée à 60%. Cela a entraîné une surconsommation, notamment pour la climatisation. Les subventions à l’électricité et à l’essence nuisent à la conservation et à la durabilité. Les carburants pour le transport sont également subventionnés, ce qui réduit encore les incitations à la conservation. Le subventionnement de l’électricité entravera toutes les tentatives d’introduction progressive de l’énergie éolienne et solaire.

Les énergies solaire et éolienne sont sous-exploitées pour la production d’électricité. Les ressources éoliennes de la Libye, potentiellement 15 TWh par an, ont été cartographiées et inventoriées en 2003. Les sites côtiers présentent des vitesses de vent moyennes de plus de 6 m par seconde à 40 m de hauteur.

Énergie durable et renouvelable

L’élément primordial de la durabilité environnementale est la quantité d’énergie nécessaire pour assurer un approvisionnement suffisant en eau douce, qu’il s’agisse d’eau fossile ou de dessalement. Les deux sources sont très gourmandes en énergie. Ce fait souligne les deux priorités de la Libye en matière de durabilité : premièrement, la conservation rigoureuse de l’eau notamment dans le désert libyque et deuxièmement, la réduction du coût de l’eau grâce à l’énergie solaire. Les grands consommateurs de pétrole affirment que les énergies renouvelables ne sont pas encore totalement compétitives par rapport aux énergies fossiles. Cela s’explique principalement par le fait que les énergies fossiles externalisent des coûts environnementaux importants (pollution au soufre, pluies acides et émissions de gaz à effet de serre). Les tendances réglementaires, technologiques et commerciales vont toutes dans le sens des énergies renouvelables.

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